Ennahdha envahit les médias selon le rapport du collectif des associations de la société civile

« Le paysage médiatique manquerait de professionnalisme et de  journalisme d’enquête et d’investigation » selon  un rapport soumis par le collectif des associations de la société civile et qui traite de la couverture des médias durant la phase transitoire que vit le pays.

Afin de préserver une certaine objectivité, l’enquête a couvert des médias lus en langue arabe et française, des radios et des chaines de télévisions publiques et privées.

La présidente d’honneur de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et coordinatrice générale de l’action de monitoring Sana Ben Achour, souligne que l’attention des médias était essentiellement tournée vers les agissements de la troïka et du gouvernement actuel pendant la période de l’étude. Ce qui vient contredire les protestations des partisans d’Ennahdha qui réclament une plus forte représentation et déclarent que le parti est proie à une vendetta médiatique.

Il se trouve même, d’après le rapport, qu’Ennahdha soit la force politique la plus citée de la presse écrite (33,2% des pages de journaux) dépassant de loin les autres formations et même le gouvernement (seulement 11%). La situation est la même du côté des ondes où le mouvement occupe 25% de l’espace radiophonique suivi par le gouvernement et par les autres partis de la troïka. Ennahdha est aussi le plus présent sur la télé et rafle 23,82% du prime time. Autre chiffre inquiétant, l’alliance des trois partis majoritaires occupe 55% d’espace télévisuel. L’acharnement des fidèles d’Ennahdha sur les médias en sort donc injustifiable, voire infondé.

Le rapport a aussi porté sur la restructuration du secteur médiatique et sur sa protection contre d’éventuels déboires de la part des autorités. Il propose de garantir avant tout la liberté d’expression par des textes constitutionnels et de légiférer les mesures d’audience des télévisions et des radios.  Il recommande aussi la séparation entre l’administration et la rédaction et l’instauration d’un atelier de formation continue pour les journalistes.

Le collectif d’associations à l’origine de ce rapport regroupe l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement (AFTURD), la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

A.E

Sources : Kapitalis & TAP

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