Google+: la traversée du désert

Voici déjà sept mois que Google+ est opérationnel, la plateforme sociale du géant du web avait pour mission de briller et de battre des records. De faire honneur à son nom. Le résultat est cependant très loin des attentes de ses créateurs et les critiques se font de plus en plus nombreuses et sévères au fil des mois.

Même à bord du vaisseau Google, le doute et la déception ont déjà gagné certains et comme si cela ne suffisait pas, il a fallu que l’un de ces employés étale par erreur son avis défaitiste et ses regrets concernant l’aventure Google+ sur la partie publique du réseau ! Cette mésaventure a bien sur fait le tour du web mais ce genre de buzz suffira-t-il à relancer un tant soit peu la campagne d’inscriptions sur le réseau social ?

Et dire que le site était supposé, à son lancement, concurrencer Facebook en proposant à peu près les mêmes services mais en étant un peu plus « mature » et mieux organisé (possibilité de classer ses relations en cercles correspondants aux amis, à la famille… grâce à la fonction Circles). L’amorçage fut certes prometteur mais le nombre d’inscrits stagne actuellement dans les 60 millions contre 800 millions pour Facebook. De plus, les ingénieurs de ce dernier ont mis au point une application similaire à la fonction Circles (nommée Circle Hack) à peine 5 jours après le lancement de Google+.  On a donc bien raison de croire que Google+ est encore loin de faire perdre le sommeil à Mark Zuckerberg.

Google+ avait pourtant toutes les chances de son côté, il était en effet le projet pour lequel Larry Page, co-fondateur de Google, était sorti de l’ombre en janvier 2011 après avoir laissé les commandes à Eric Schmidt pendant 10 ans. Cet « enfant prodigue » devait se racheter pour ses ainés et effacer les mauvais souvenirs relatifs à ces derniers. Il s’agit, bien entendu, de Google Wave (service de messagerie instantanée) et de Google Buzz (site communautaire visant à concurrencer Twitter) abandonnés respectivement en août 2010 et décembre 2011.

Qu’est ce qui a mal tourné ? Quels ont été les erreurs commises ?

La première grande gaffe concerne le lancement même de Google+, les spécialistes des chez Mountain View se sont suffit à nous offrir une version incomplète du site, un produit bêta comme diraient les aguerris. Cette première version offrait le minimum syndical qu’on exigerait de n’importe quel réseau social, à savoir : un profil, une possibilité d’y ajouter une photo, un mur et des commentaires dessus. Pas de jeux, pas de gadgets ou d’applications, pas moyen de passer plus de quelques minutes sur le site. Google ayant pris le pari de refuser l’accès à son code aux développeurs indépendants contrairement à Facebook, qui tire le plus grand profit des applications qu’il héberge.

Les dirigeants de Google ont aussi surestimé l’image de leur marque et ont par conséquent limité la campagne de communication liée au lancement à quelques spots télé aux USA. Le nom Google suffirait, d’après Larry Page à promouvoir le site.

Autre erreur non négligeable, Google+ s’est permis d’omettre, pendant ses deux premiers mois, le volet business sur la plateforme. Ouvrir une page sur le site était impossible pour une entreprise, et maintenant que c’est faisable, la gestion est altérée par une autre bourde : la page ne peut être gérée que par un seul administrateur. Google affirme avoir rectifié le tir concernant cette fonctionnalité récemment.

Après un démarrage timide et criblé d’erreurs, on pourrait croire que la fin de l’expérience Google+ est toute proche mais ce n’est pas une fatalité. Le géant de Mountain View a déjà démontré auparavant qu’il n’envisageait pas la défaite aussi facilement, l’aventure Chrome reste encore dans les mémoires et malgré ses débuts désastreux ce dernier fait maintenant 27% de parts de marché et commence à inquiéter le leader Internet Explorer.

A.E

Source: Capital.fr

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