Retour sur l’affaire « Sami Fehri »

Poursuivi depuis Mars 2011 en sa qualité de gérant et co-propriétaire (avec Belhassan Trabelsi, Gendre de Zine el Abidine Ben Ali) de la société de production « Cactus production » pour une affaire de dépassements et d’emploi d’effectifs et d’équipements de l’Etablissement de la télévision tunisienne, Sami Fehri fait l’objet depuis Vendredi 24 Août 2012 d’un mandat de dépôt. L’affaire fait grand bruit puisque l’intéressé a, depuis l’émission de ce mandat de dépôt, multiplié les déclarations dans les médias pour assurer que cette décision de justice cache en réalité une volonté du gouvernement actuel de le réduire au silence à la suite de la diffusion, sur la chaîne Ettounissiya (dont Sami Fehri est le promoteur et l’un des actionnaires)  de l’émission « Ellogic essiyassi », produite par Cactus Production et qui égratigne régulièrement ses membres ainsi que les leaders des Trois partis qui se partagent le pouvoir en Tunisie depuis les élections du 23 octobre 2011.

« Ellogic essiyassi » était  en effet au cœur de l’actualité médiatique depuis quelques jours puisqu’aux diverses interventions de membres du gouvernement s’insurgeant contre la trop grande liberté de ton de l’émission (ainsi, le ministre de la Santé, Abdelatif Mekki déclarait-il il y a quelques jours à propos de l’émission “Il faut respecter les symboles nationaux, le président de la République, le président du Parlement, le chef du gouvernement, il faut que la critique soit dans le cadre du respect” alors que le ministre des domaines de l’Etat et des affaires foncière, Slim Ben Hmidane déclarait pour sa part : « Ellogic Essiyassi a pour but d’envenimer les choses et de créer une situation de vide politique » ) était venu s’ajouter une autre affaire mettant aux prise Cactus Production et Nessma broadcast, producteur des « guignols de l’info maghreb » sur la chaîne concurrente, Nessma TV, concernant les droits d’exploitation des « guignols de l’info » en Tunisie et au Maghreb (voir notre article).

Réagissant au nom du gouvernement aux accusations de Sami Fehri, le conseiller politique du premier ministre, Lotfi Zitoun, mis personnellement en cause par ce dernier (qui l’accuse de l’avoir personnellement appelé pour lui demander l’arrêt de l’émission puis lui demander de démentir l’arrêt de cette dernière) est allé jusqu’à accuser l’animateur / producteur d’être un criminel qui doit rembourser des sommes considérables au trésor de l’Etat (rappelons qu’aucun jugement n’a encore été émis par la justice en ce sens à l’encontre de Sami Fehri), Rafik Abdessalem, ministre des affaires étrangères, expliquant pour sa part que sans avoir l’intention de dominer les medias, le gouvernement ne laisserait pas des entreprises médiatiques se transformer en bastion anti-gouvernementaux. Deux déclarations qui mises en perspective avec le timing de l’affaire ne font que donner plus de crédit aux déclarations de Sami Fehri et de certains de ses collaborateurs.

C’est d’ailleurs, sans doutes, à l’aune de cette accumulation d’indices que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a publié un communiqué dans lequel il accuse ouvertement le gouvernement : « l’intervention du gouvernement et l’utilisation de la justice pour faire pression sur les médias et confisquer leur liberté, porte atteinte à la liberté d’expression et contrevient aux objectifs de la révolution ».

 

fehri

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