Révélation des normes de modération de Facebook

Encadrer les publications de ses utilisateurs sans pour autant les censurer, telle est la tâche principale des modérateurs du désormais incontournable réseau social Facebook. Cependant, gérer  les flux générés par les quelques 800 millions d’utilisateurs est loin d’être une simple tâche car les limites entre « le diffusable » et « l’outrageant » semblent parfois imperceptibles.

A cet effet, Facebook s’est doté d’un code contenant des conditions d’utilisation génériques permettant de régir les différents types de contenus diffusés sur le réseau mais cette mesure quelque peu générale s’est avérée défaillante.  Par conséquent, le réseau social a mis au point une charte de modération, dévoilée pour la première fois sur le site Gawker.com, qui décrit les règles mises en pratique par les modérateurs de Facebook.

Cette charte de 13 pages détaille, par l’usage d’exemples concrets, la conduite que doivent adopter les modérateurs face à un certain type de publications (contenu raciste, pornographique ou violent). A travers ce document, on arrive à avoir un aperçu de la philosophie appliquée par les dirigeants de Facebook et, dans certains cas, des contradictions qui en résultent.

Il s’est avéré que dans quelques cas, des modérations ont été faites par erreur. L’une des plus flagrantes est celle concernant la modération de photographies du tableau L’origine du monde de Gustave Courbet, représentant un sexe féminin alors que la charte prévoit une exception aux règles sur la nudité pour les œuvres d’art.

En passant le manuel de modération au peigne fin, on peut se rendre compte d’autres types de contradictions. Il est, par exemple, permis d’utiliser un langage cru sur Facebook mais il est interdit de décrire ou d’inciter à un acte sexuel. L’utilisateur peut aussi mentionner la marijuana comme bon lui semble, à condition de ne pas montrer qu’il en vend ou achète, alors que la charte stipule que tout contenu sur les drogues doit être interdit et la liste des exemples est encore longue.

Après avoir publié le fameux document sur son site, Gawek a révélé se l’être procuré par l’intermédiaire d’un ancien employé dans une entreprise d’externalisation de services qui, en l’occurrence, s’est occupée de la modération pour le compte de Facebook.  Cet ancien employé, marocain et âgé de 21 ans, dénonce cette externalisation à bas prix. Les dirigeants de Facebook, quant à eux, répondent que cette délocalisation est nécessaire compte tenu de l’immensité du flux d’informations partagées et tendent à rassurer leurs utilisateurs sur la qualité des services accomplis par leurs sous-traitants.

Cette même optique de décentralisation pourrait peut être mener les décideurs du géant du réseau social à s’intéresser aux services de prestataires tunisiens puisque le marché tunisien est assez similaire à son voisin marocain.

A.E

Source : Lemonde

 

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